Le Monde
La Banque mondiale a annoncé lundi 16 août dans un communiqué qu'elle s'engageait à affecter 900 millions de dollars au Pakistan pour l'aider après des inondations qui ont touché plus de 14 millions de personnes selon ses estimations. Cette annonce intervient alors que l'ONU et plusieurs voix au sein de la communauté internationale s'élèvent pour dénoncer la faiblesse des dons octoyés à ce pays sinistré, où 6 millions d'enfants sont désormais perdus, malades ou orphelins.
"Le gouvernement du Pakistan a demandé environ 900 millions de dollars de soutien financier de la Banque mondiale, que nous nous sommes engagés à fournir", a indiqué l'institution. "Le financement proviendra du fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres (Association internationale de développement) grâce à la réaffectation de projets actuellement programmés ou à la réallocation de fonds non déboursés venant de projets en cours", a-t-elle ajouté.
La Banque n'a pas précisé d'échéancier pour le versement de cette somme, ni si elle travaillait à de nouveaux financements, ni ce que deviendraient les projets perdant leurs financements. "Des renseignements préliminaires indiquent que les dégâts directs causés par les inondations sont les plus élevés pour le logement", avec 723 000 maisons détruites ou endommagées, "les routes, l'irrigation et l'agriculture", a détaillé la Banque. Selon elle, un milliard de dollars de cultures ont été perdus. La Banque mondiale a par ailleurs débloqué 1,3 million de dollars pour son entreprise d'évaluation des dégâts, et pour acheter des bateaux de sauvetage déjà arrivés dans le pays.
PONT AÉRIEN
L'ONU quant à elle a lancé un appel de fonds de 460 millions de dollars pour secourir d'urgence les six millions de sinistrés les plus vulnérables, tout en prévenant qu'il faudrait des milliards à plus long terme pour reconstruire les villages et infrastructures, et reconstituer les récoltes. Selon les bureaux de l'Office de coordination des affaires humanitaires (OCHA), basé à Genève, l'ONU n'a récolté pour l'instant que 20 % des fonds demandés. Le Pakistan est victime d'un "déficit d'image (...) dans les opinions publiques occidentales" et "l'ampleur des inondations a pris de court tout le monde", a estimé sa porte-parole en Suisse, Elizabeth Byrs.
De leur côté, des responsables de l'OTAN étaient à Islamabad lundi pour discuter de la mise en place d'un "pont aérien" pour acheminer de l'aide alors que de nombreuses zones restent inaccessibles par la route.
Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, a quant à lui qualifié de "misérable" le montant réuni pour aider le Pakistan et de "lamentable" la réponse de la communauté internationale tout en soulignant que son pays était "en tête de l'aide".
segunda-feira, 16 de agosto de 2010
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